Historique de l'Hôtel des 3 Collèges


Le poète Raoul Ponchon (1848-1937) vécut la fin de sa vie à l'Hôtel des 3 Collèges, alors appelé Hôtel de Flandre. "Dernier de nos poètes bachiques" selon Apollinaire, Raoul Ponchon fut le chantre du vin, des fleurs et des femmes, joignant sa bonne humeur et sa bonhomie à un art poétique raffiné. Verlaine disait de lui : "Sa conversation est charmante de verve malicieuse comme il faut… Mais c'est surtout d'être lu qu'il mérite!". Il est l'auteur de La Muse au cabaret, La Muse gaillarde et de La Muse vagabonde.

Les Hommes d'Aujourd'hui : Raoul Ponchon, par Paul Verlaine

Blog Raoul Ponchon

Raoul Ponchon 
Arthur Rimbaud Arthur Rimbaud, qui séjourna dans l'immeuble voisin, décrit la cour intérieure de l'Hôtel des 3 Collèges dans une lettre à Ernest Delahaye (juin 1872) : "J'ai une chambre jolie, sur une cour sans fond, mais de trois mètres carrés. La rue Victor-Cousin fait coin sur la place de la Sorbonne par le café du Bas-Rhin et donne dans la rue Soufflot, à l'autre extrémité." 
En 1878, à l'initiative du chansonnier-poète Emile Goudeau (1849-1906), fut créé dans l'immeuble faisant face à l'Hôtel le club des Hydropathes, amateurs de littérature et de bon vin. Il rassemblait notamment Léon Bloy, François Coppée, Guy de Maupassant, Charles Cros, Jules Laforgue et Alphonse Allais. Club des Hydropathes 
Miklós Radnóti Une plaque commémorative à l'entrée de l'Hôtel célèbre la mémoire de Miklós Radnóti (1909-1944). Ecrivain hongrois majeur, l'un des plus chers au cœur de ses compatriotes, ce poète visionnaire fut membre de la revue avant-gardiste Nyugat ("Occident") avant d'obtenir le prix Baumgarten en 1937. Francophile, Radnoti séjourna à l'Hôtel des 3 Collèges à la fin des années 1930. Son amour de la poésie française lui fit traduire en hongrois Rimbaud, Eluard, Mallarmé, Cendrars et Apollinaire. Prisonnier dans un camp en Yougoslavie pendant la guerre, il fut tragiquement exécuté lors d'une marche forcée imposée par les nazis. Il était âgé de 35 ans. 

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Garcia Marquez

C'est à l'Hôtel des 3 Collèges que le Colombien Gabriel García Márquez écrivit son célèbre roman Pas de lettre pour le colonel (El coronel no tiene quien le escriba). Publié en 1961, il relate l'attente par un vieux colonel d'une lettre lui annonçant l'attribution d'une pension pour des services rendus lors d'une lointaine guerre civile. García Márquez est l'auteur de Cent ans de solitude, "la plus grande révélation de la langue espagnole depuis le Don Quichotte de Cervantès" (Pablo Neruda). Le prix Nobel de littérature lui a été attribué en 1982. A l'entrée de l'hôtel, une plaque commémorative sculptée par Milthon lui rend hommage.

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Autre écrivain ayant séjourné à l'Hôtel : le Nigérian Wole Soyinka. Né en 1934, il écrivit La Danse de la forêt pour l'indépendance du Nigeria en 1960. Enseignant au Nigeria, au Ghana, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Wole Soyinka est le premier écrivain africain à recevoir le prix Nobel de littérature en 1986. Son activité politique lui a valu de longues périodes d'exil et plusieurs incarcérations dans son pays.
"Intellectuel nomade" installé en Bretagne, Kenneth White est un habitué de l'Hôtel des 3 Collèges. Né à Glasgow en 1936, il a été enseignant de littérature française avant d'occuper la chaire de Poétique du XXe siècle de la Sorbonne. Son œuvre a été saluée par le Prix Médicis Étranger, le Grand Prix Alfred de Vigny et le Grand Prix de l’Académie Française. Kenneth White a inventé le concept de "géopoétique". Kenneth White 
Michel Butor Michel Butor photographié à l'Hôtel des 3 Collèges par Philippe Grollier pour le journal Le Monde, mars 2006.

Né en 1926, Michel Butor a été l'un des fondateurs du courant littéraire du Nouveau Roman (avec Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet et Claude Simon). Dès La Modification (1957), il s'est imposé comme l'un des plus grands écrivains de sa génération, expérimentant par la suite des formes nouvelles puisant à différents genres littéraires, romans, essais, poèmes ou critiques. Michel Butor habite la Haute-Savoie.